“Mon complexe m’empêche de vivre” : le thème de “Tellement Vrai”, sur NRJ12 ce jeudi 1er septembre 2011. Margot, suivie tout au long de l’émission et interviewée en plateau, nous montre que

Le bégaiement n’empêche rien

Il n’empêche pas pas de vivre l’amour, de réussir des examens oraux, de réussir des entretiens d’embauche… Et surtout pas de vivre sa vie comme on l’entend, en atteignant ses objectifs de réussite ! C’est “tellement vrai” a t-on envie de dire… Margot en est la brillante illustration qui renvoie une image très positive, non fataliste, du trouble !

En lui donnant la parole, NRJ12 a pu préparer un reportage qui dissocie le bégaiement des clichés auxquels trop d’émissions nous ont habitué à propos du trouble. On a ainsi évité l’image la plus sombre du bégaiement qui ouvre la grande porte médiatique du spectaculaire émotionnel et propagandiste avant-après stage par exemple…

Le bégaiement provoque le complexe et non l’inverse. La timidité, l’hypersensibilité ou un manque de confiance en soi n’en sont pas à l’origine mais à la résultante, ce qu’on comprend très bien à la vue des autres protagonistes du reportage, tous en proie à des caractéristiques à surmonter, qui provoquent des effets sur la personnalité et l’insertion sociale, pas vraiment éloignés de ceux du bégaiement.

Le reportage a parfaitement illustré toute la volonté de Margot de ne pas laisser son bégaiement gérer sa vie, avec le soutien d’une orthophoniste.

Elle a visiblement atteint un point capital (mais non final) dans la rééducation, dans la progression : celui de ne pas bégayer quand on le veut, ce qu’elle a montré en plateau face à un animateur-interviewer des plus oppressants, qui semblait par moments mitrailler ses questions, pas toujours des plus pointilleuses, sans trop tenir compte des réponses.

Margot avec son fiancé, avant de réussir un examen oral et un entretien d'embauche. A voir sur NRJ12 Replay.

“Tellement vrai” a su mettre en évidence le cheminement et les conceptions exemplaires de Margot, dont beaucoup peuvent s’inspirer. Il s’agit d’un minimum qu’on peut attendre d’un reportage à propos du bégaiement. Un minimum qui se produit tellement peu souvent au profit de pièges et clichés racoleurs, qu’il prend ici des allures de maximum.

Certes on peut lui reprocher de ne pas avoir fait le tour de la question, d’avoir laissé les téléspectateurs lambda dans l’ignorance des causes du bégaiement. Tout juste la génétique est suggérée par Margot qui cite des personnes qui bégaient dans sa famille, dont son père. Mais on comprend bien que le but du reportage était la vie avec les complexes qu’on surmonte. D’ailleurs j’ai l’impression que la présence d’un thérapeute étalant ses certitudes et hypothèses pas toujours heureuses ni compréhensibles, aurait un peu gâché l’ensemble, qui est ainsi resté explicite, prenant, réaliste.

Finis les complexes pour Margot : à elle de continuer son parcours qui, avec tant de volonté, continuera à être jalonné de succès.