Un vaste programme d’étude neurologique a été lancé sur des enfants qui bégaient aux Etats-Unis pour mieux comprendre comment et pourquoi le bégaiement s’installe, comment et pourquoi certains enfants cessent de bégayer par eux-mêmes sans intervention orthophonique.

Le weekend dernier, Olivier sur son Iceberg a publié une traduction du premier rapport du Docteur Soo-Eun Chang, chargée de cette étude à budget conséquent, qui devrait s’achever d’ici 3 ou 4 ans. Ce rapport rappelle les différences qu’on a déjà pu observer dans le cerveau des enfants qui bégaient par rapport aux enfants qui ne bégaient pas.

Jusqu’à récemment, les principales différences anatomiques avaient été principalement mises en évidence dans le cerveau adulte. En Australie, à l’Université Mac Quarie de Sydney, le Docteur Blake Jackson, interviewé par ABC Television, explique ceci par la différence de taille du cerveau enfant, incompatible avec le matériel utilisé pour le cerveau adulte.

Un nouveau type de matériel a donc été développé, le MEG ou magneto-encéphalogramme, plus rapide et plus performant, compatible avec le cerveau enfant.

Chelsea est une petite fille dont le bégaiement a d’abord été détecté par sa maitresse d’école.

Elle en a averti sa maman par courrier, laquelle a fini par remarquer aussi le bégaiement dans certaines situations à la maison. Chelsea est une cobaye du programme australien, comme on le voit dans le reportage vidéo sur le site de ABC/Catalyst (en anglais).

Les résultats de l’examen n’étonneront pas ceux qui suivent l’actualité scientifique du bégaiement : la petite fille présente une activation anormale de zones cérébrales situées à l’opposé de celle du langage, impliqueés dans la gestion auditive.


En haut 2 coupes du cerveau d’un enfant qui ne bégaie pas ; en bas, le cerveau de Chelsea, qui bégaie.

Mise à jour (9 septembre 2011) : à ne pas confondre (comme je l’ai fait un peu précipitemment) avec l’hypercompensation connue dans le cerveau plus mature qui présente un bégaiement.